Chantal RODIER - Artiste

Chantal RODIER - Artiste

ARTISTE PEINTRE -POÉTESSE- Marsac en Livradois

Publié le par AURORE
Publié dans : #Roman : l'Ecorchée vive

 

***

 

Le mariage fut prononcé en  1954, sous le regard approbateur de tante Arlette et de monsieur le maire. La longue robe blanche en mousseline eu un effet éblouissant. La mariée portait un chapeau dont on ne voyait que les fleurs, quand au marié il portait son costume du Dimanche, sauf que son couvre-chef noir le démarquait. Apres la célébration eucharistique, le prête n’oublia surtout pas de donner à la femme la fameuse quenouille chargée de rubans. Elle s’empressa de la déposer aux pieds de la vierge Marie, la priant de lui donner un premier fils. La fête battait son plein, les convives furent nombreux.  Tous les habitants du coron avaient participé à la préparation du repas, saucisson divers, fromage, gâteaux sans oublier le vin. Les musiciens et le cornemusier s’avancèrent sur l’estrade montée par la mairie pour cette occasion sur la place principale « Jean-Jaurès ». Nos jeunes mariés ouvrirent le bal sur une valse, au moment de la « bourrée » ils s’éclipsèrent à pas feutrés vers le logis paternel, seul endroit pour les accueillir. Ils eurent quatre enfants, Féliks, Zina, Flore la cadette, et Eva la dernière.  

      Ils quittèrent cette région afin de construire leur nouvelle vie, loin des images noires que la guerre avait laissées. Leur maison se trouvait dans la rue Parmentier à Moulins dans l'Allier, au cœur du Bourbonnais, ville d'un beau Jaquemart qui sonnait le glas, mais aussi ville de passage de Jeanne d'Arc, dont une flèche était restée dans le mur de l'ancienne prison. Silencieuse et endormie, elle était enrichie d’histoire qui avait vu naître en ses murs le Duc de Villars en 1653, mais aussi Richard Bohringer en 1941. Elle possédait des monuments classés, comme sa cathédrale qui s'élevait, majestueuse, et dont sa renommée était mondiale. Un triptyque en faisait sa fierté.

 

 

     C’est ici que commence mon histoire. Ma mère était très active. Chaque jour, on l’entendait vaquer vers 4 heures du matin. Elle attendait le départ de notre père  pour nous donner, en cachette, un morceau de pain et du sucre.

 

     « Réveillez-vous, l’heure sonne, qui veut du sucre ?  Dépêchez vous de vous lever, de vous débarbouiller le visage à l’eau froide et de prendre votre lait, mes chéris. Vite...Vite, nous allons être en retard. »

 

     Bien que notre école maternelle fut à proximité et facile d'accès  à condition de bien faire attention à la voie ferrée, j’appréhendais toujours les longues conversations des maîtresses à notre sujet. A leur intonation et leurs regards posés sur nous, il me semblait ressentir quelques compassions dans leurs yeux. Souvent, elles chuchotaient à voix basses, comme si qu’elles craignaient qu’on ne les entendît. Cependant, Les heures  coulaient, heureuses, surtout celle tant attendue du milieu de la matinée car des biberons de jus d’orange nous attendaient.

     Jours lointains de bonheur, comme ils étaient chers à mon cœur !     

     Après la classe, seul, Féliks avait l'autorisation de se rendre dans l'unique petit magasin du coin de la rue, chez le marchand de fruits et de vin. Quelque fois, je le suivais discrètement, comme un chat qui suit sa proie.

 

     « Attends-moi, Féliks », criais-je derrière lui qui était déjà loin. Furieux, il se retournait : « Rentre à la maison sinon maman va te gronder. » Je n’avais pas envie de l’écouter et faisait mine de pleurer. « Arrête de pleurnicher, je ne dirais rien, toi non plus d’ailleurs. Allez, viens et surtout n’en parle pas ».

J’étais aux anges de faire cette escapade avec mon frangin que j’adorais.

 

     Un jour, la tentation fut trop forte, un étalage de pomme m’attira plus qu’à l’ordinaire que j’en mis une dans ma poche sans prendre garde si l’on m’avait vu.

     « Voleuse, petite gamine, je vais appeler ta mère ! Elle me la réglera, et toi, tu recevras une correction, histoire de te dresser.»

     Je détalais à toute vitesse, prenant mes jambes à mon cou. Mon frère me rattrapa très vite.

     « Viens là, Flore, donne moi cette pomme que je la rende. Te rends-tu compte que tu deviens une voleuse ? Que va dire notre mère ? J’ai honte de toi ! »

     Ma joue reçut sa main. Une vraie course poursuite s'engagea, et je devins pour le reste de la journée, l'enfant isolé de la famille. Le cœur de ma tendre mère me pardonna enfin dans la soirée. Il était l’heure pour nous de se laver. Marilyn se munissait d'une grande cuvette en inox, remplie d’eau, qu’elle avait pris grand soin auparavant de faire bouillir, et la déposait à même le sol, dans la petite cuisine.

 

     « Aujourd’hui, ce sera le tour d’abord de Zina, puis d’Eva et de toi Féliks, et puisque Flore nous a fait des bêtises, elle passera la dernière. »

     Je n’aimais pas être la dernière, la cuvette étant trop lourde à porter pour ma mère, l’eau devenait froide et sale.

     Assis sur un tabouret, nous attendions notre tour, sagement. Marilyn  frottait nos corps avec un gros savon noir,  elle frictionnait nos dos de tout son amour. Avec une unique serviette de bain un peu râpeuse et vieillie par le temps, elle nous séchait. Elle semblait heureuse, la mère, sa voix était tellement claire et si apaisante.

 

     « Féliks, quand auras-tu fini à cinq ans de faire pipi au lit ? Rien ne va. Te rends-tu compte du travail supplémentaire que tu me donnes à chaque fois que de laver tes draps à la main dans la grande bassine ?  Tu seras toujours la risée de tes sœurs, et elles auront raison de se moquer de toi ! Mais quand te lèveras-tu de ton lit mouillé? »

 

     Il hurlait à chaque passage du gant de crin, alors que mes sœurs et moi nous riions ! C'était devenu un vrai rituel. Lorsqu’il faisait beau temps, le petit jardin se transformait en salle d'eau, un endroit agréable où j’aimais flâner, sentir les feuilles et les fleurs et me rouler dans l'herbe. Nos jeux de cache-cache ou chat perché ravissaient le cœur de la maisonnée. Les mots de mamounette résonnaient avec douceur. C’était notre joie, notre rayon de soleil. Ses moindres gestes devenaient des figures de ballets. Je la suivais, je l'admirais. J'étais comme son ombre. Je ne voulais jamais m'en séparer! Elle disait souvent que j’étais la plus collante!

     Nous l'aidions, de notre mieux, dans  le ménage quotidien qui n'était pas notre fort. J’étais près d'elle, je discutais avec elle, je lui posais tout plein de questions lorsqu’elle lavait notre linge. Je m’'accrochais à ses jupons, aimant l’odeur de la lessive, et surtout les bulles qu’elle faisait exprès de laisser tomber. Je les rattrapais en me hissant sur le petit tabouret en riant, ma tendre mère m’aspergeait avec douceur. J’étais toujours prête à me rendre utile. Quelque fois, un klaxonne retentissait dans la rue. Alors elle laissait tomber son ouvrage.

    

« Surveille l’eau, Flore, c’est M. Martin qui nous apporte les nouvelles. Je reviens. »

    

     Circulant à bicyclette, de maison en maison, le colporteur nous proposait des revues et des queues de lapins. Il marquait toujours sa présence au portail d'un coup de sifflet, Ma mère le guettait avec impatience. D’un geste rapide, elle renversait sa tête tout en ébouriffant ses cheveux roux. Telle une crinière au vent.

 

     « Madame Crespin, que vous voilà bien rayonnante ! J’ai pensé qu’une livre de beurre vous plairait en plus des lapins habituels. 

     - Parlons doucement, les enfants nous entendent et nous surveillent derrière la haie. J’ai quelques couteaux à vous donner. »

     Marilyn avait tout préparé sous son grand tablier blanc.

     « Bien, joli m’dame. Quelles sont les nouvelles ? J’ai choisi de vous parler de Ben Hur. Je ne l’ai pas vu. Mais déjà, il a remporté trois oscars au festival de Cannes : meilleur Acteur pour le beau Charlton Heston, meilleur film et meilleur réalisateur. Vous le verriez, à vous en faire rêver. 

     - Vous aiguisez bien les couteaux, mais j’avoue aussi ma curiosité, racontez moi ! 

     - Ah ! Je ne peux pas tout vous dire, mais cela se situe au temps de Rome, de Jules César, de Jésus Christ, une grande saga, dit-on. Un film avec des milliers de personnages. Et les costumes, faut voir ! Que du grandiose, il parait. J’ai aussi une autre nouvelle qui vous fera grand plaisir, madame Marilyn. Vous souvenez vous de votre amie Céline ?

     - Oui, oui, racontez!

     - Eh bien, je viens de passer chez elle et elle ma contait son histoire. A dire vraie, une histoire fortement désolante, curieuse et pénible. Saviez-vous qu’elle revient de loin ? Des camps de concentration de Stiegau. Elle m’a tout raconté. Son père fut arrêté par dénonciation tout simplement parce qu’il avait donné à manger à un Anglais. La jalousie fait beaucoup de tort des fois, mais que faire si ce n’est que de se taire. Quelle terrible histoire, écoutez la suite. Lui et sa famille, dont Céline, ont du monter dans un train, cependant, à cette époque, encore enfant, elle regardait avec les larmes aux yeux ces braves gens entassés dans les wagons à bestiaux. Leurs bras pouvaient à peine sortir, leurs mains se tendaient. Ils criaient « à boire, à boire... » A leur arrivée, elle avait vu les enfants et les femmes séparées des hommes... elle avait vu qu’ils portaient comme des pyjamas zébrés. Eux, disaient les nazis, étaient des réfugiés politiques, des patriotes résistants, donc leur cas fut différent. Ils étaient quand même entassés dans des baraquements. Pour nourriture, ils avaient une gamelle d’eau chaude, un trognon de pain et un quignon de pain noir et la couche de la petite recevait à chaque instant de l’eau qui tombait de je ne sait où. Les femmes et les enfants devaient travailler dans les carrières. Les plus jeunes arrachaient les pissenlits, les mauvaises herbes. Qu’il pleuve ou qu’il fasse très chaud, ils devaient sans relâche courber le dos et encore plus devant cet ennemi puissant. Les mains des enfants grattaient le sol jusqu’à ce qu’elles deviennent rouge sang, certains d’entre eux s’écroulaient par tant de fatigue. Céline me disait... me disait « aufster » ce qui signifia « allez debout » en donnant des claques retentissantes. « Maintenant tu auras chaud aux mains » Beaucoup de gens furent libérés par les russes, cependant beaucoup de soldats allemands se réfugiaient dans leur famille pour ne pas être condamnés. On ne savait plus qui était qui. Elle m’a raconté qu’ils marchèrent durant plus d’une semaine le jour comme la nuit. Ils avaient comme seul breuvage un peu d’eau. C’était la débâcle. Pour rentrer au pays, il fallait attendre le convoi. Mais c’était interminable, son  père qui eu de bonne relation avec le curé du village fut tenu au courant d’un prochain départ via Strasbourg. Malheureusement, leur long et périple trajet était loin d’être terminé. Ils furent acheminés dans une aire de rapatriés, la gare de Moravie. Ici aussi, ils durent attendre 2 à 3 mois. C’est là qu’ils s’aperçurent que ton amie était atteinte d’une thrombose pulmonaire. Ah, là, là ma petite dame, quel drame ! Quel drame ! Si jeune et si innocente. Heureusement, qu’elle a rencontré son époux. Vous le verriez, il est à ses petits soins, je vous le dis. Et si amoureux que cela en est beau, tendre à voir. »                                                                           

     Les discussions allaient bon train, car c’était lui qui nous délivrait les nouvelles du jour, comme un vrai journal qu’il nous était difficile d’obtenir car trop cher pour les revenus aussi modestes de notre famille. Le rémouleur côtoyait tout et tout le monde, il savait tout et connaissait tout. Ainsi il nous racontait les plus belles histoires de nos quartiers, mais aussi les plus terribles. Il était comme un reporter. Les jours de fêtes,  il s'équipait d'une machine dans laquelle étaient insérés des cartons à trous, et lorsqu'il tournait une manivelle des sons magnifiques en sortaient. Un doux rêve comme dans les plus beaux contes, comme si que nous assistions à un concert dans notre belle Basilique ! Mère nous affirmait que tous les objets qu’il vendait, avaient la magie des bienfaits. J'aimais bien cet homme.

 

     Mon père, attiré fortement par la chasse, avait positionné au mur, en guise de décoration, plusieurs fusils et épées sur un tissu feutré de couleur rouge. Ce décor semblait étrange, comme si qu’il  venait d’un autre monde, tout en dégageant un certain mystère devant la nudité murale. J’avais tendance à monter sur une chaise pour les toucher au risque d’en tomber. Il me l’interdisait avec colère.

      Certaines fois, certains dimanches, alors que les promenades avec lui étaient rares, il partait, loin de la ville et de notre maison, en m’imposant, ainsi qu’à mon frère, de l’accompagner. Elles  semblaient si étranges, ses promenades ! Dans une caravane isolée, entourée d’arbres, se trouvait une dame aux cheveux longs noirs, mal coiffés, une large ceinture à la taille, un collier énorme qui laissait deviner une poitrine généreuse. Elle portait une  longue jupe fleurie. Elle était bien différente de notre mère. Elle semblait heureuse de s’élancer vers lui, comme si que le temps leur appartenait. Soudainement,  il nous prenait par la main, nous poussant à grimper à l’arrière.

 

     « Soyez sage et ne venait pas nous déranger pour un oui ou un non. Enfin taisez-vous, je ne veux entendre qu’une mouche voler ! ».

 

     Accroupis derrière une banquette, nous attendions sans rien dire et sans oser même respirer, tout en entendant de drôles de bruits.

     « J’ai peur, j’ai froid, Féliks.

     - Chut, tais-toi, il va nous entendre. Ne dis rien, petite sœur, et surtout ne raconte rien à maman, sinon de vilains gens viendront nous chercher. »

     Alors des larmes coulaient de mes yeux verts. Une heure puis deux passaient à rester ainsi sans bouger. Nous regagnions notre demeure sous l'œil inquisiteur de la madone. A voix basse, nous parlions de ces heures, sans réellement en saisir le sens. Nous étions muets devant le chef de famille, son allure petite et robuste ainsi que le ton de sa voix rauque nous intimidaient.  Très tôt le matin, il quittait la maison. Le soir,  comme d'habitude, éreinté par sa journée de travail, il rentrait, fatigué. Il s’en fallut d’une fois, d'une seule fois... et tout basculât.

 

     Marilyn, ma mère, choquée de ce qu'elle avait vu étant enfant et malgré le soutien de mon père et de son entourage, sombrait  parfois dans un coma que nul ne pouvait comprendre. Alors durant ces moments, elle rendait visite à ma grand-mère à l’hôpital qui se situait guère loin de chez nous. Elle passait de long moment avec elle.

     D’ordinaire, elle faisait avec papa, de la gymnastique dans leur chambre, des explosions de bonne humeur dans leur intimité... Ce soir-là, les paroles s’élevèrent si fortes que brutalement mon frère ouvrit, avec violence,  cette porte qui nous était interdite. Le miroir nous refléta le visage de mère, défait et crispé par la douleur. Une chemise de nuit  revêtait légèrement son corps. Les cheveux pêle-mêle, elle gisait, sur le sol, au carrelage rouge brique, en pleure et en sang. Le visage de mon père indiquait sa colère. Féliks entra le premier. Nous l'aidâmes à se relever, tandis que notre père sortait de la pièce, fou de rage. Nous l'allongeâmes sur l’un des deux petits lits en fer de notre chambre. Elle était étendue là, entourée, ses enfants, agenouillés et en larmes. Un liquide coulait de son front.

 

     « Petite maman chérie, ne pleure pas, nous sommes tous autour de toi » dit Eva tremblante.

 

     Ma mère tourna doucement son regard vers nous, affirmant que cela n’était rien, qu’il fallait oublier, que notre père était un brave homme. A partir de ce jour, le visage de notre tendre mère devint sombre. On aurait dit qu'un automate avait pris place dans son esprit. Féliks, n’en pouvant plus de voir maman pleurer, se munit d'un rasoir, se tailla le bras et celui de ma sœur Eva. Papa arriva à ce moment précis. Tout s'arrêta. Leurs années de bonheur dura 8 ans !   

 

     La famille était déchirée, dissoute à jamais.

 

     Un gros cadenas fermait le portail sur lequel il était écrit : à louer. Nous étions là, impuissants devant ce seuil, main dans la main. Nous ressentions un danger. Pour moi, mon frère Féliks, Eva et Zina, tout devint obscur. Des gens que je ne connaissais pas vinrent nous chercher.  J’étais vêtue d'une robe blanche, et je portais un passe de fleurs blanches dans mes cheveux et de jolies sandalettes. Entourée de deux femmes inconnues, je me hissais à grande peine dans une voiture. A la vue de ma sœur aînée, Zina, déjà installée, je me sentais rassurée. Au loin, je voyais le regard douloureux de maman. Après un timide au revoir et un baisé déposé dans le creux de ma main, elle disparut. Ce fût notre dernier échange.

 

     A trois ans et demi, je devais fermer les portes de mon cœur à cet amour que jamais je n’aurai, celui de ma mère, Marilyn.

 

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1- L'éveil d’un sourire

 

                                                                                                          

    

     La France secouée par tous ces tremblements commençait à refaire surface. Péniblement, maisons après maisons, la vie reprenait sa place dans les rues. La peur disparaissait. Les familles se réunissaient. Les soldats redevaient des pères tranquilles, tandis que certains cherchaient encore le chemin de leur bonheur. La nuit gardait leurs mystères et leurs ombres. Parfois il arrivait qu’un groupe, d’hommes et de femmes dépaysés, traversait les campagnes, baluchons sur le dos. Les déportés arrivaient en grand nombre. Les haillons collés à leur corps frêle montraient leur grande souffrance. Montluçon devenait le silence. Un silence si lourd, un silence si fort que nul n’osait lever la tête. Doucement, les gens se rapprochaient craignant de se tromper tellement la guerre les avaient défigurés.

     O douleur de la mort enfouie sous les décombres, quelle était donc cette force destructrice capable d’anéantir un monde entier ?

 

A Montluçon, le nombre des arrivants ne cessait d’augmenter. La municipalité devait faire face au problème des logements. C’était la déroute. Puis peu à peu, avec courage la ville retrouva une vie. Les rues reconstruites accueillirent les nouveaux commerces. Les bals et fêtes foraines apportaient toute une gaité, une joie frénétique de l’après-guerre.

 

 

 Quatre années s’étaient écoulées, depuis que Marilyn avait perdu son père. Elle était devenue une belle jeune femme de vingt deux  ans. Elle était plus resplendissante que jamais. Ses grands yeux noisette s’éclaircissaient à la lumière ciel éblouis par les rayons du soleil ils prenaient des tons si clairs qu’on aurait pu penser qu’ils étaient bleus.

     Le jour du dominical, tant attendu, Marilyn revêtait une jolie robe blanche rehaussée dans son éclat par une collerette de dentelle en coton torsadé violet. Ses longs cheveux roux, détachés, retombaient sur ses épaules, telle une crinière au vent. Elle avait rendez-vous. Au bal masqué du 1er mai, avec Robert, dont  le  visage était souligné par une barbichette laissant deviner un petit menton rond qu'il touchait de ses mains, comme s’il réfléchissait fortement ou comme si quelques ennuis le tracassaient. Pour l’occasion, il avait sorti de son placard, un costume flanelle destiné  aux grandes occasions, et, portait de belles chaussures noires bien cirées.

     Des les premières notes, ils s’élancèrent sur la piste, discrètement, ils s’enlacèrent. La musique les enveloppait d’un doux mystère qu’aucun autre bruit ne pouvait les déranger. Il était tombé littéralement sous son charme, il déclara sa flamme d’amour avec force, plus personne n’avait d’importance, si ce n’est que ces jolies prunelles qui le regardait avec tant d’extase.. Il savourait l’odeur des fines boucles qui glissaient délicieusement sur la nuque de sa partenaire. Dans un tourbillon de valse, soudain, en pleine salle, sa cavalière trébucha. Il la retint gauchement et timidement l’embrassa. Leur cœur battait si fort, si fort. Leurs regards en disaient long sur l’envie d’être au plus l’un de l’autre. Un désir si intense de se rapprocher, de se serrer tout près de l’autre. Ensemble, ils rougirent. Sortir, s’éloigner de cette musique endiablée, s’enlacer. Voilà ce à quoi pensaient nos deux tourtereaux.  L’air frais les ravigota. Ils restèrent ainsi debout face à face, un long moment. Il y avait lui, il y avait elle. Eux...seulement eux deux.

     « Nous vous cherchions. Vous nous abandonnez ! Et copain, copine, et nous alors.

     - Retournons danser, Cécile et Georges nous attendent. Dit allégrement Robert 

     - Non, attends un peu, juste un tout petit peu, je suis si bien ainsi ma tête sur ton épaule. Je n’ai pas du tout envie de retourner dans cette fournaise. Je veux juste que nous nous aimions encore et toujours. Rétorqua Marilyn d’une voix douce. »

Cécile, l’amie d’enfance, riait de les avoir surpris en plein débat.

     « Maintenant, Robert, tu ne peux plus reculer. Tu dois te rendre chez elle, affronter sa terrible tante, et ses gâteaux aux noix ! » Lança-t-elle joyeuse.

    

      Il décida d’aller, le dimanche prochain, chez sa bien-aimée et de passer le barrage de sa tante Arlette car c’est chez-elle qu’elle avait été recueillie après la guerre. Cette petite bonne femme de un mètre soixante en avait sauvé plus d’un disait-on dans le quartier. Plein de courage et bonne humeur, il s’empressa, d’une main tremblante, d’appuyer sur la sonnette. Son cœur battait la chamade. La porte s’ouvrit. Il se mit à bégayer.

    

     « Ma...Madame, me...me permettez vous d’emmener Marilyn votre nièce, au bal de ce dimanche ? Ce serait un grand honneur. »

    

     Robert dont le regard était franc et rieur, se montrait un peu timide. Il avait choisi d’enfouir une rose rouge dans la pochette extérieure haute de sa veste en velours gris, sans omettre d’en tenir une blanche dans sa main droite pour l’offrir à l’hôtesse de maison. Arlette, qui avait coutume d’entendre des coups de sonnettes et des demandes d’invitation pour sa nièce, fut cette fois-ci moins suspicieuse.

 

     « Entrez. Vous prendrez bien un café ? »

    

Maladroitement, il fit un pas en avant en  lui offrant la rose qu’il tenait dans ma main. D’un signe de tête, accompagné d’un large sourire, elle l’invita à le suivre. Ils se dirigèrent vers l’unique pièce qui faisait office de salon, de salle à manger et aussi chambre à coucher. Les lits étaient dissimulés derrière un grand rideau blanc cotonneux. Nerveusement, il accepta volontiers la tasse de café dans sa main droite et la soucoupe dans sa main gauche, en évitant de balancer sa jambe qui était croisée sur l’autre. Ses chaussures noires brillaient tellement que le soleil paresseusement glissait son rayon. Il prit une grande respiration discrète. Dans l’attente, chacun avait du mal à lancer le premier mot d’une conversation.

    

     «  Dans quel atelier travaillez-vous ? Vous êtes bien à la mine, n’est ce pas ? Comment avez-vous rencontré ma nièce, dites-moi ? »

 

     Robert, un peu embarrassé, répondit volontiers.

    

     « Effectivement, mais le poste que j’occupe est celui de conducteur de travaux. »

     - Bien, bien, cela me rassure, car il y a tellement d’accident dans ses mines. »

 

     Elle passa en revue toutes les questions. Il répondait docilement, avec le sourire.

 

 Enfin, Marilyn se montra. A la vue de ce jeune homme qu’elle trouvait beau et élégant, ses joues prirent une couleur rosée.

 

     « Ce jeune homme, Robert, souhaite aller au bal en ta compagnie, et je lui ai donné ma permission. Il me semble très bien ce jeune homme et il m’a tenu la promesse de te raccompagner à une heure convenable.

     - Ma tante, je suis ravie. Nous ferons attention et je ne ferai pas de bruit en rentrant, je te le promets

     - Allez jeune gens sinon le bal se finira. Et vous, jeune homme, revenez donc Dimanche prochain partager notre repas. »

 

     La demande étant faite, les deux jeunes se dirigèrent vers la sortie. La joie se lisait sur leur visage. Leurs cœurs  bondissaient comme s’ils allaient sortir de leur poitrine. Discrètement, du coin des yeux, Marilyn regardait Robert fumant une cigarette comme si que c’était un objet précieux. Elle savait que c’était l’homme de sa vie.

 

     Ils dansèrent, dansèrent… Elle, qui avait chaussé des petits escarpins blancs, n’eut mal ni aux pieds, ni à la tête. C’est en ce dimanche de fin de printemps qu’ils se promirent l’un à l’autre fidèlité.

 

 

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 FLORE OU LA RAGE DE VAINCRE

INTRODUCTION

Torpeur à Montluçon.

couverture l'ecorchee vive(couverture sous copyright)

Halte là !

 

 

INTRODUCTION

 

 Halte là !

 

    

     La guerre de 1914 - 1918 apporta bien des déchirures et des démantèlements dans de nombreuses familles. Une solitude immense s'abattit sur tout le territoire. Les grands-parents de notre héroïne disparurent dans ce feu diabolique. Son grand père, Dimitrov Kantorovitch, né le 13 Novembre 1908 en Russie, était un homme respecté de part sa position religieuse ; l’un des chefs religieux de sa commune. Il fuyait son pays par différence politique envers le « berger de l’Oural » redoutable officier gardien des « goulags ». Avec d'autres familles d’Ukraine, pour échapper au courroux de la révolution, il battit la campagne, ne voyant plus que ses pieds ensanglantés. Les plus forts d’entre eux  poussaient les charrettes surchargées durant des kilomètres. Ils échafaudaient des espoirs pour une vie meilleure. Au court de son voyage périlleux, il rencontra Manouska Leskoff venue de Pologne, avec ses proches. C’était une petite femme blondinette d’un corps solide comme un roc disait-on. Fatigués, éreintés, bravant le froid, la faim et les maladies, ils traversèrent les frontières et arrivèrent en France. Ils déchargèrent leurs modestes biens à Montluçon, dans le département de l’Allier. A cette époque, c’était un village peuplé de cinq mille habitants. Cependant, le besoin de main-d’œuvre était important et l’offre battait son plein. Peu de français souhaitaient prendre ces postes car le labeur était rude et mal payé. Le bourg vit sa croissance augmenter grâce aux constructions massives de logements appelés « corons » attirant ainsi les paysans qui rêvaient de fortune et les émigrés désespérés. Pour les compagnies minières, c’était facile de séduire les pauvres gens en leur offrant un loyer égal à une journée de travail. Mais à quel prix d’effort journalier ? Ils travaillaient, sans relâche, du Lundi jusqu’au Dimanche matin, pendant 10h par jour pour 5 francs. Parfois ils avaient droit à quelques quintaux de charbon. Les ouvriers oubliaient la couleur du ciel. Descendre toujours et encore dans les profondeurs du noir, le plus souvent accroupis dans des ascenseurs minuscules et dont le bruit vous faisait à chaque fois tressaillir de peur. Descendre encore plus bas et toujours plus bas... afin d'extraire le minerai de fer, l'or noir. Ils avaient pour compagnon une gourde, un morceau de pain, du lard, parfois du fromage ou le reste du dîner de la veille. Enfin, le dimanche après-midi, tant attendu, ils pouvaient se détendre. Ce repos était merveilleux, et, à chaque fois, tant espéré car les vacances, au bord de la mer ou à la montagne, ne devenaient qu’une illusion perdue. A cet occasion, les mineurs revêtaient leurs beaux habits. Ils resplendissaient durant quelques heures, un instant de liberté, un souffle de vie. La bière et le marc coulaient dans les grandes chopes au café de la Louvière. La place du marché devenait salle de bal, des lampions étaient accrochés aux arbres comme si que ce jour était celui de Noël, les jeunes hommes très guindés dans leur seul costume et jeunes filles dans leurs robes de taffetas s'entremêlaient et espéraient les plus belles histoires d’amour. L’après-midi passait à une allure folle. La nuit s’annonçait et nos jeunes regagnaient leur demeure. Certains se risquaient à traîner, malgré les réprimandes des anciens. Un seul baiser donné était montré du doigt. La situation des femmes et des enfants demeurait un tapis sous le pied. Ces femmes ne disaient rien et se plaignaient rarement de leur sort. Les enfants eux aussi descendait dans les mines. Le mariage était une position honorée quand au divorce, cela était autre chose. La femme séparée devenait la risée des villes et des villages.

Tous les Lundis matins, hommes et enfants regagnaient les puits. Lors des temps de pose, des chuchotements s’entendaient dans tous les corons. Les hommes parlaient de la guerre qui sévissait et surtout qui se rapprochait de leur village si paisible. Les grondements des bombes au loin faisaient monter leur inquiétude. Les femmes et les enfants commençaient à se blottir. La Seconde Guerre mondiale rugissait dans son horreur.

    

     Les Allemands prirent d’assaut leur village, sans doute à cause du canal de Berry, qui donnait libre accès plus loin que Tours. Le bourg se trouvait en zone franche, et les ennemis, sans scrupules, expulsèrent certains étrangers polonais, après avoir fermé en totalité et à jamais les mines.

    

     Le 3 septembre 1942, cent quarante trois juifs dont 18 enfants furent livrés par le gouvernement de Vichy aux nazis, et déportés au camp d'Auschwitz. La gestapo avait effectué de nombreuses arrestations dans la région, et avait incarcéré les personnes concernées à la prison de Richemont. Le 4 Août 1944, à cinq heures du matin, ils forcèrent les quarante deux otages à se regrouper et à monter dans un camion encadré de deux autres camions de soldats allemands et d'une voiture légère avec quatre officiers. A trois kilomètres du village de Quinssaines, le convoi tourna à gauche en direction du lieu dit « Les Grises » qui, à cette époque, était un terrain d’exercice militaire et où, l’avant-veille avait été creusée une fosse. L’exécution commença vers 6 h 20 dans des cris épouvantables. Les otages, par groupes de cinq, furent abattus par-derrière pour tomber la face contre terre. A 7 heures, leur besogne terminée, les 80 assassins reprenaient la route.  

 

     M. Picandet, un témoin qui avait entendu des cris et des coups de feu prévint les autorités: le Maire, M Méchain et le Sous-préfet, M. Féa. Ce dernier alla demander à l’État-major allemand, à l’hôtel Terminus, s’il avait connaissance des faits. Mais on lui répondit que les fusillades dépendaient de la gestapo. M. Féa demanda l’autorisation, d’abord refusée, au chef de cette organisation criminelle, de pouvoir exhumer les corps et de leur donner une sépulture convenable ce qui fut fait l’après-midi même. Sous la surveillance des gardes mobiles et des  maquisards, en présence des autorités judiciaires et policières, on exhuma les corps et on fit leur toilette. Mais ce ne fut que le lendemain que les victimes furent enterrées au cimetière de Prémilhat où l’on déposa sur la fosse commune une superbe couronne de fleurs.

 

     Dimitrov mourut fusillé devant les yeux de Manouska qui était sous l’emprise de ses bourreaux, jambes écartées, jupe soulevées, et qui, jusqu’à sa mort, restera dans cette torpeur. Leur fille Marilyn, née bien assise le 21 Mars 1932 dans cette commune, déclarée par la voisine Josépha Boczar, juive, épouse Laprzal, regardait la scène avec effroi, cachée derrière le mur des grands dont les larmes recouvraient leur visage. Elle avait à peine dix ans. Son grand-père  avait rejoint le clan des condamnés. Des cris montaient vers le ciel. Les corps étaient étendus, nus, tassés les uns contre les autres, baignant dans leur sang chaud. Rien ne pouvait décrire cette horreur. Les femmes à genoux imploraient la miséricorde. Les enfants s’agrippaient tant bien que mal aux jupes de ces dernières. Les allemands sans larmes, d’un ton autoritaire, séparèrent ces hommes et ses femmes dans les souffrances, d’un coup de sifflet. Les familles juives furent comptées, emportés, bousculées vers des camions qui attendaient. Le siège dura quelques mois. Les moments heureux furent enfermés dans leurs cœurs.

 

     Après la libération de Montluçon, une cérémonie à la mémoire des quarante-deux otages fusillés fut organisée le 17 septembre 1944 à l'hôtel de ville. Cependant, quatre personnes n’ont jamais pu être identifiées. Ce fut  Le massacre de la carrière des Grises.

    

     A la fin de la guerre, les hôpitaux virent affluer des personnes en grandes difficultés mentales, en prise avec leurs terribles souvenirs ; cris et douleurs d’une vie brisée.

 

     Manouska, ayant apparemment perdu la raison, fut internée dans un institut psychiatrique d'Yzeure près de Moulins, préfecture de l’Allier se situant à une soixantaine de kilomètres de Montluçon. A cette époque, il n'y avait pas de traducteur russe, ce qui eut pour conséquence un mutisme total de cette femme blessée. Les médecins la jugèrent « folle » et « hystérique ». Sa seule maladie fut le dernier regard qu’elle avait posé sur son tendre époux. Mais comment le dire lorsque personne ne comprenait son langage. Ses gestes traduisaient la violence de ce jour des « grises ». Nul mot ne sortait  de sa gorge. Ses cordes vocales complètement tendues et durcies, elles ne pouvaient plus émettre de son. Seuls, ses yeux exprimaient son traumatisme. L'incompréhension des infirmiers demeurait totale face à  ses gestes qui se débattaient dans le vide, qui parfois battaient le néant!  

 

     Les soignants enfermaient souvent les malades qui montraient une agitation extrême,  dans un cachot capitonné. Un séjour qui pouvait durer  plusieurs heures, plusieurs semaines, leur infligeant le supplice le plus ignoble : la camisole de force,  torse bandé et les poings attachés! Souvent on leur apposait un ruban sur les lèvres de façon à ne pas entendre leurs hurlements!

 

     C’était des traitements comme les électrochocs ! Souvent les malheureux devenaient des proies propices à l’essai de nouveaux traitements.

     Il y avait dans le regard des patients quelque chose qui criait, qui suppliait de leur rendre grâce. La belle n'était devenue qu’une chose...la belle effarouchée devait accepter... seuls ses yeux pleuraient ...

 

 

 

 A suivre..

 

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Publié le par AURORE
Publié dans : #MES OEUVRES ARTISTIQUES

 

A ma fille

 

TABLEAUX 0355

 

 

 

PORTRAIT D'HELENA ILIEVTZEFF (Oeuvre N°5)

Née le 24 Juin 1986 

Noir et Blanc

Gouache

Dim : 54*65

 

 

TABLEAUX-0343.JPG

 

 

TABLEAUX 0347

 

DETAIL DU TABLEAU( OEUVRE N°5)- Helena ILIEVTZEFF

Travail Gouache

Dim : 54*65

 

 

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Publié le par Chantal Rodier dit Aurore
Publié dans : #album
mes peintures-mes créations artistiques
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Publié le par AURORE
Publié dans : #REVUE DE PRESSE

Un premier compte-rendu dans l'attente de l'article à paraître de NICE-MATIN

Le spectacle en deux fois même partie a dans l'ensemble était bien perçu par les nombreux éléves du Lycée de Valbonne.

Les jeunes spectateurs ont été assez nombreux à applaudir chaque texte .

Pour le CVL c'était même une première que de recevoir une artiste poète, actrice, metteur en scéne, enfin une artiste.

Même si les textes furent tragiques en mémoire du Japon, le cri de la Liberté fut le moment le plus fort.

 

images-pour-printemps-des-poetes-2011-0015.JPG

 

La classe entière des 1er l, m'a demandé de rejouer lors de leur cours de français. L'initiative du délégué fut la bienvenue par le professeur de français. Cette deuxième partie se déroula dans un silence casiment total, ce qui ne fut pas le cas lors de la première, mais enfin la passion me fit oublié le bruit, le stress et le trac.

Une vidéo et en cours de travail, des sa finition je vous la mettrai en ligne !

 

Une spectatrice inattendue : Mme RELTIEN habitante de Roquefort, rescapée des camps de concentration, les larmes aux yeux. Beaucoup d'émotions à cette représentation.

 

Bien sur je peux vous dire déjà que moi et ma jeune actrice Saba sommes prêtes à aller plus loin!

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Publié le par AURORE
Publié dans : #PRINTEMPS DES POETES 2011

Antrophologie des paradis

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Publié le par AURORE
Publié dans : #MES OEUVRES ARTISTIQUES

Je suis tellement heureuse que je désire partager avec vous la nouvelle de ce jour.

Eh oui, je viens de recevoir ma première commande officielle : la réalisation d'un portrait sur une toile 63 par 55 cm travaillé à la gouache. C'est le top génial, non !!

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