Partager l'article ! le grand voyage III : LES SONS D'AUTREFOIS: Nous nous sommes souvent entrecroisé(e)s, mon regard s'est posé discrétement comme une omb ...
Nous nous sommes souvent entrecroisé(e)s,
mon regard s'est posé discrétement
comme une ombre
Ton accueil fut des plus chaleureux,
timidiment j'ai poussé cette grande porte
Avec Joie, tu m'as tendu tes vers et tes sonnets
Traduction par Đông Phong :
Sur le perron les feuilles échues chantent le crépuscule
Et le crépuscule accentue le désespoir des feuilles d’automne
La brume fait sangloter les verts printemps
Mélancolique le luth en phénix égrène ses sentiments
Où est donc le clair de lune d’antan
Pour rêver aux féériques danses et chants
Quand s’estompe un glorieux passé
Que repoussent le vent et les nuages sans pitié
En ce soir d’automne d’une indicible nostalgie qui fait tomber des perles en deux coulées
Pleines des regrets pour les occasions manquées
Dans la douceur des fumées d’encens envolées
Aussi douces qu’une chevelure de saule rêvée
L’archet verse des larmes comme au bord du Xun Yang*
Alors qui en ami de cœur peut sentir cela vraiment
Crépuscule au brouillard et au vent glacés
Crépuscule rempli des souvenirs du passé
Le luth persiste à vibrer ses sons de soie
Qui s’évaporent dans les nues noires
Dans quelque charmant air solitaire chargé de détresse
En écho aux torrents de perles qui inondent les veines de tristesse
Ô luth pourquoi persistes-tu ainsi
Les sons d’autrefois en silence vibrent tes cordes de soie de tant de rêves inassouvis
Dans les parfums d’automne qui s’ajoutent aux souvenances adoucies
Qui saura s’enivrer de cette tranche de mélancolie
Avec le vent et la brume du soir rêvant
Qui en ami de cœur restera indifférent
26.8.2008
* Allusion à la vieille joueuse de luth au bord du fleuve Xun Yang de Pi pa xing (Jouer du luth piriforme), la célèbre complainte du poète chinois Bai Ju Yi (772-846) de l’époque
Tang.