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REVERIE

 

 

Texte Libre

Vendredi 5 décembre 2008


  FLORE OU LA RAGE DE VAINCRE -2 :

L'orphelinat bien-aimé



2.1- LA DOUCEUR DES COEURS



 

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2.1- La douceur des cœurs.

 

C’est à l'orphelinat qu’elles les emmenèrent Flore et sa grande sœur Zina, l’aînée des filles. Quand à leur petite sœur Eva elle fût placée dans une famille d'accueil à la campagne, située à une trentaine de kilomètres de nous.

Des larmes de perles coulaient de son cÅ“ur à la pensée d'être éloignée de son frère Féliks qui fut  hébergé dans un centre pour garçons, à YZEURE dans l'Allier. Leurs distances de séparation étaient d'environ vingt kilomètres. Un monde, où tout les séparait maintenant.

Des hommes lui prirent d’assaut le bras sans qu’elle eut le temps de l’embrasser.

« Féliks! Féliks ! Reviens-moi ! Â»

Elle avait l’impression de perdre la tête que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve et qu’il lui reviendrait bientôt. Les sœurs l’invitèrent à regagner le mini bus qui les avait conduites jusqu’ici. Le trajet fut sans paroles.

Elle vécut ses premières années comme une béatitude. L’orphelinat des sÅ“urs  lui apporta rigueur, sens de l’honneur,  du respect et du devoir.

La bâtisse était entourée de grands murs blancs et un grand portail gris en assurait l'entrée principale. Il y avait bien une deuxième entrée mais celle - ci était destinée aux passages des quelques voitures ou camions de ravitaillement, de plus il y avait toujours le gardien d'allure grand et très mince, possédant un regard à le craindre, qui surveillait ce portillon au couleur verdâtre, rendant difficile une quelconque échappatoire de ce lieu béni. Dès l'accès de cette bâtisse à plusieurs étages elle fut fascinée de ses immenses façades blanchâtres. La cour donnait à l'intérieur. Un terrain  sobre avec deux petites rangées d'arbre, sur la gauche une petite demeure attendait les plus grandes et sur la droite se trouvait une grande salle qui servait de tout et de rien, aux rassemblements à l'heure des devoirs, l'extraordinaire était là devant ses yeux tel un précieux trésor qui bondissait dans son cÅ“ur, au fond se trouvait un plancher surélevé avec de vrais rideaux bordeaux comme dans un théâtre. A cette vue, la joie gagna tout son être et des frissons parcourent son corps. Ce n’était pas un endroit comme les autres, ici régnaient l’équilibre et la paix. L’éducation des sÅ“urs de la visitation, rue de Villars à Moulins, congrégation fondée en 1616 par  Sainte Jeanne-Françoise de Chantal sous François de Sales, repris à sa mort en 1622 par Saint Vincent de Paul, premier supérieur des Filles de la Charité dont dépendait l’orphelinat palliait à ce manque affectif. Ces dames revêtaient de longue robe noire que recouvrait un grand tablier blanc. Elles étaient coiffées de "cornettes", drap très solide et rigide qui ornaient leur chef et, plié d'une certaine façon qu'elles seules en connaissaient le secret. Elles offraient leur cÅ“ur, leur vie entière à Jésus. Elles se mariaient avec Dieu. Ces religieuses qu’elle aimait tant resteront à jamais graver dans sa mémoire.

Cependant elle avait un penchant pour sœur Marie-Louise. C’est elle qui faisait de son mieux pour soulager les peines et récompensait lorsqu’ elle l'estimait juste. C'était la première des sœurs de cette confrérie à obtenir son permis de conduire qu'elle eut du premier coup, d'ailleurs. Les enfants adoraient monter dans la voiture, une deux chevaux grises foncée, leurs cheveux volaient au vent aux carreaux ouverts, ils chantaient avec elle tout au long de la route.

Il y avait aussi Sœur "Suzanne", la dame calme comme elle aimait à le dire, elle aussi avait sa préférence car c'est elle qui cuisinait les frugales repas, parfois même les jeunes octroyait le droit à quelques cours de cuisine, pour faire d’elle de vraies jeunes filles comme elle disait.

Flore avait le temps le grandir et le geste de tirer les jupons ne l'avait pas quitté. 

Etant assez bonne élève à l'École "Notre-Dame", elle demeurait en extase à chaque fois qu’elle voyais  ma maîtresse, son savoir dans le domaine de l’histoire et du français la fascinait à chaque leçon. Elle était déjà une grande rêveuse, il faut dire. 

En fin de mois  elle était fière à la remise des récompenses de porter sur son tablier bleu - marine obligatoire, les barrettes que la directrice sÅ“ur Lucile leurs distribuait. Rouge pour l'excellence, verte pour la sociabilité, bleu pour les encouragements enfin chaque matière avait sa couleur. Souvent la verte était fixée au tablier de Flore. Elle adorait se sentir entourée. Ainsi passèrent tranquillement ses premières années. 

Bonnes notes en fin de semaine promettaient de l’argent de poche. 

  

Son groupe surnommé l’oustalou, les huit et dix ans, attendait avec hâte de s’asseoir à la queue le leu  sur les banquettes en bois clair du couloir avant de pénétrer avec quelques inquiétudes dans le bureau de la directrice. A tour de rôle dans cette pièce le verdict tombait. C’était soit, la récompense quelques sous pour les bonbons du Dimanche soit la sévère punition, une règle en fer battant la musique sur le bout des doigts. 

  

La sévérité avait sa place, la vigilance régnait mais l’affection demeurait reine. Les cadeaux furent nombreux : école de danse, initiation au piano, théâtre, écoute de musique classique les voyages et droit à une école privée !

Les sentiments de béatitude furent si grandiose que tout le groupe voulait épouser la même religion. Celle que l’on leur enseignait basée sur les dix commandements et qui furent l’exemple de toute la vie de Flore, son édifice à tout jamais.


Aurore  



2.2 - L'ENVOLEE , FONTAINE DE JOUVENCE.




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