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REVERIE

 

 

Texte Libre

Vendredi 5 décembre 2008
... Merci à TOI qui me liras sans défaillir... 


 FLORE OU LA RAGE DE VAINCRE

INTRODUCTION

Torpeur à Montluçon.



Halte là !

 

 

Dès son plus jeune âge, sans famille, sans  parents, ni  grands-parents, les chemins de sa vie s'annoncèrent des plus difficiles dans les méandres de l'espoir. La guerre de 1939 - 1945 apporta bien des déchirures et des démantèlements dans de nombreuses familles. Une solitude immense s'abattait sur tout le territoire de notre globe terrestre. Ses ancêtres maternelles disparurent avec ce feu diabolique. Son grand père, Dimitrov Kantorovitch, né le 13 Novembre 1908 en « Russie » chef religieux de sa commune,  venu en France avec d'autres familles d’Ukraine parcourant à pied ou callés dans des charrettes surchargées, des kilomètres pour fuir, très loin le courroux de la révolution Russe.

Il s’installa avec sa femme rencontrée en Pologne, Manouska de son prénom, Leskoff née le 22 Janvier 1908, à Montluçon qui comptait cinq mille habitants dans l’Allier en France, avec d’autres familles, là ou il y avait besoin d’une main d’œuvre. Tous ces émigrés étaient embauchés à moindre salaire dans les mines. Travaillant sans relâche pour 100 francs par mois lorsque le patron était généreux et n'ayant pour repos que le dimanche après midi. Ils en oubliaient les profondeurs de la terre, descendre toujours et encore dans les profondeurs du centre de notre globe plus bas afin d'extraire le charbon, l'or noir. Ils avaient pour compagnon une gourde, un morceau de pain noir et du lard parfois du fromage, le reste du dîner dominical. Ce repos était à chaque fois le plus attendu mais aussi le plus beau. Les vacances au bord de la mer ou à la montagne n’existaient qu’illusions perdues. Les mineurs revêtaient leurs beaux habits resplendissants pour quelques heures. La bière et le marc coulaient dans les bars, jeunes hommes et jeunes filles s'entremêlaient de leurs plus belles histoires d’amour. La crise du charbon était annoncée, l'industrie prenait son essor dont la plus grande usine implantée fut Dunlop. La deuxième guerre mondiale rugissait dans son horreur. Les Allemands prirent d’assaut le village alors qu'il se trouvait en zone franche, expulsa les étrangers polonais pour certains après avoir fermé en totalité et à jamais les mines. Le 3 septembre 1942, cent quarante trois juifs dont 18 enfants furent livrés par le gouvernement de Vichy aux Nazis. Ils furent exportés au camp d'Auschwitz. La gestapo avait effectué de nombreuses arrestations dans la région qu'il avait incarcérées à la prison de Richemont. Le 4 Août 1944 à cinq heures du matin ils  convièrent les 42 otages à se regrouper et à monter dans un camion encadré de deux autres camions de soldats allemands et d'une voiture légère avec quatre officiers. A trois kilomètres du village de Quinssaines, le convoi tourna à gauche en direction du lieu dit « Les Grises » qui à cette époque était un terrain d’exercice militaire et où l’avant-veille avait été creusée une fosse. L’exécution commença vers 6 h 20 dans des cris épouvantables. Les otages, par groupes de cinq furent abattus par derrière pour tomber la face contre terre. A 7 heures, leur triste besogne terminée, les 80 assassins reprenaient la route.

 

M. Picandet, un témoin qui avait entendu des cris et des coups de feu prévint les autorités: le Maire, M Méchain et le Sous-préfet M. Féa. Ce dernier alla demander à l’État major allemand, à l’hôtel Terminus, s’il avait connaissance des faits. Mais on lui répondit que les fusillades dépendaient de la gestapo. M. Féa demanda l’autorisation, d’abord refusée, au chef de cette organisation criminelle, de pouvoir exhumer les corps et de leur donner une sépulture convenable ce qui fut fait l’après-midi même. Sous la surveillance des gardes mobiles et des « maquisards », en présence des autorités judiciaires et policières, on exhuma les corps et on fit leur « toilette ». Mais ce n’est que le lendemain que les victimes furent enterrées au cimetière de Prémilhat où l’on déposa sur la fosse commune une superbe couronne de fleurs.

 

Dimitrov mourut sous les yeux de Manouska qui était sous l’emprise de ses bourreaux et qui jusqu’à sa mort restera dans cette torpeur. Leur fille Marilyn née bien assise le 21 Mars 1932 dans cette commune déclarée par la voisine Josépha Boczar épouse Laprzal, regardait avec effroi cette scène, cachée derrière le mur des grands dont les larmes recouvraient leur visage. Elle avait juste 10 ans.

Après la libération de Montluçon, une cérémonie à la mémoire des 42 otages fusillés fut organisée le 17 septembre 1944 à l'hôtel de ville. Cependant quatre personnes n’ont jamais pu être identifiées. Ce fut  Le massacre de la carrière des Grises.

 

A la fin de la guerre les hôpitaux virent l'affluence de personnes en difficultés mentales, déchirées par les terribles souvenirs, cris et douleurs d’une vie brisée. Pensant que Manouska avait perdu la raison, elle fut internée dans un institut psychiatrique d'Yzeure. Il n'y avait pas de traducteur parlant la langue russe, ce qui eut pour conséquence un mutisme total de cette femme meurtrie. Nul mot ne s'extirpait  de sa gorge, ses yeux exprimaient son traumatisme. Ses cordes vocales complètement tendues et durcies ne pouvaient plus émettre de son. L'incompréhension demeurait face à  ses gestes qui parfois se débattaient dans le vide! 

Les infirmiers enfermaient les malades montrant une agitation extrême dans un cachot. Un séjour qui durait plusieurs heures, avec comme seul remède la camisole de force, le torse bandé et les poings attachés! Souvent on leur apposait en plus un ruban sur les lèvres de façon à ne pas entendre leurs cris!

 A suivre..

I - Les pétales d'un sourire

 



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Commentaires

Un long frisson
Je viens de lire,ton histoire
Que de souvenirs rejaillissent,mon enfance entre allemands,americains,la tristesse des enfants juifs..............
Et les grands parents de mes enfants,des polonais venuent en france dans les années 1925 ?
Un monde qui aujourd'hui se querelle encore
Mes compliments pour le site
Commentaire n° 1 posté par Annette le 29/12/2008 à 16h45
une mystèrieuse lectrice à qui j'offre mes meilleurs voeux pour l'année à venir. Soies la bien venue . Si tu le souhaites sur le cote il y a mon adresse mail.
Réponse de AURORE le 30/12/2008 à 12h05
Merci pour ce moment d'émotion. Si tout les va-t-en-guerre du monde pouvaient y être sensibles...
Commentaire n° 2 posté par Icare51 le 11/08/2008 à 19h14
les va-en-guerre sontr simplements les a^mes qui errent sans cessent dans notre monde des vivants à la recherche d'une sensation extraordinaire ou peu ordinaire ainsi il en va de notre vie ! bien à toi bien à toi la belle
Réponse de AURORE le 12/08/2008 à 22h49
rrhhhaa j'aime la musique de pinochio remiker, je la connaissais sous un autre angle....elle est tres bien...et là qu'est ce que je vois....Une peinture de Luis Royo...et bien, on a les même gouts...bonne continuation a toi...
Commentaire n° 3 posté par catoucatou le 30/07/2008 à 20h36
Catoucatou mais qui a tout?? bienvenu dans la caserne des mots sans dessus sans dessous. A bientot mais je vais faire escale chez toi car ton speudo attise ma curiosité. bien à toi.
Réponse de AURORE le 31/07/2008 à 01h37
Tes écrits sont superbes!
Il est dommage que la musique ne soient plus douce!
beaucoup de talent, une émotion qui passe, une atmosphère qui dépasse les frontières denos sens!
A bientôt
Commentaire n° 4 posté par kamailion le 29/07/2008 à 11h09
helas la musique a été adapté en fonction des flammes Oups. Mais soit le ou la bien venu(e) alors à bientot n'est ce pas?
Réponse de AURORE le 31/07/2008 à 01h33
Tant de remous dans la vie de tes parents.
Je partage avec toi ces émotions.
Bises tendres
Amitiés
Commentaire n° 5 posté par Ode le 28/07/2008 à 20h18

Coucou aurore, contente d'avoir eu de tes nouvelles, un texte très poignant un bel hommage pour ceux qui ont vécus cela, et très émouvant pour les tiens. Bon début de semaine bisous

Commentaire n° 6 posté par revelise le 28/07/2008 à 19h08
de bien tristes tranches de vie pour les gens comme ta grand-
mère !

merci pour cet hommage au "souvenir" !
Commentaire n° 7 posté par Melly le 26/07/2008 à 15h36
hello la toute belle merci pour ton com. oui pas tres joli joli tout cela , n'est ce pas? bien à toi en toute fraternité.
Réponse de AURORE le 28/07/2008 à 12h07

Aurore, je viens de lire... Juste de lire. Je découvre que ton grand-père et moi sommes nés le même jour de l'année. Cela me touche autant que chaque mot qui te servent là à nous faire témoignage de l'histoire de ta famille durant ces années de folie meutrières que nous ne devons pas pour eux jamais oublier. Je suis très ému et je te souhaite une bonne soirée. @ bientôt, je t'embrasse, Marc de Metz.

Commentaire n° 8 posté par Marc de Metz le 24/07/2008 à 19h41
Merci Marc de m'être aussi fidèle.affectueusement
Réponse de AURORE le 25/07/2008 à 23h05
Merci Chère Aurore de nous avoir fait partager cette histoire douloureuse de ta famille et de ta jeunesse, écrasées par un monde en folie.
Bonne journée, bien affectueusement
Commentaire n° 9 posté par Dông Phong le 23/07/2008 à 09h18
Mon Ami je souhaite que cet été t'appporte toute la chaleur désirée en ton coeur. Bien affectueusement.
Réponse de AURORE le 25/07/2008 à 23h05
Difficile de rester de glace ... Moi cela m'a été impossible ... je pars sur la pointe des pieds ma douce ça fait mal ses mots ! bisous doux
Commentaire n° 10 posté par fab le 22/07/2008 à 20h44
Tes petits pas à la douceur d'un saut de chaton réconfortent mon coeur ma douce Amie.
Réponse de AURORE le 25/07/2008 à 23h06

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