Publié dans : Roman : l'Ecorchée vive

 

***

 

 

     Un château à Louchy-Montfand, près de Saint-Pourçain sur Sioule dans le Bourbonnais, faisait auberge de vacances durant tout l’été. L’histoire de cette commune remonte à bien des temps en arrière. C'était un lieu sacré, druidique à l'époque gallo-romaine, lieu fortifié quelques mois après la mort de Charlemagne. Pour se protéger du pillage et de la famine, les portes de ce domaine s'ouvrirent aux habitants. Ils demeurèrent en son sein durant une période de deux cent cinquante années environ, accompagnés de leurs animaux domestiques. Quelques preux chevaliers en quête du saint Graal vinrent se reposer en ces lieux. La France ensanglantée par les guerres de religions  le détruisit. Depuis sa rénovation, le lieu-dit décida que ce beau logis accueillerait des enfants démunis afin de leur offrir quelques semaines de vacances, mais aussi des enfants dont les familles posséderaient un certain avantage financier.  

 

     Les sœurs avaient du louer tout un bus rien que pour nous. Depuis plusieurs semaines, elles s’afférèrent aux bagages de chacune. Le mois de Juin était consacré dan le temps libre à l’essayage. C’était très drôle, très existant, très jovial, très intense. Nous étions toutes excitées et nos chères gardiennes avaient du mal à nous soutenir, cependant elles jouaient le jeu avec nous. Un maillot de bain trop grand, cela ne faisait rien, une petite retouche et il était à notre taille. La robe grise du dimanche laissait place à une belle robe si soyeuse qu’on aurait cru de la vraie soie et tellement jolie dans ses tons roses ou jaunes. Zina, qui était plus réserve que moi, restait éloignée de notre groupe, souvent je croisais ses yeux et j’avais l’impression qu’ils me fuyaient. Peut-être savait-elle plus de choses que moi sur papa et maman ? Où peut-être pensait-elle à notre frère ou à notre petite sœur ? Je n’arrivais jamais à lire dans son cœur. Moi, mes yeux étaient remplis de larmes du bonheur. Dans les siens, celles de tristesse en coulaient. Shorts, tee-shirts, sandalettes en plastiques remplissaient des valises entières. L’heure du départ enfin sonna, un vrai capharnaüm ! Notre arrivée fut chaleureusement fêtée par les jeunes filles venues des quatre coins du monde. Très vite, les monitrices répartirent les enfants dans des groupes dont chacun portait un nom comme « l'oiseau bleu » ou « soleil levant ». C'était très important car, à l'appel du matin, avant d'aller au réfectoire,  au moment où l’énorme cloche retentissait,  les files se regroupaient  en chantant un joli garde à vous. Bernadette, Christine, Marie-Joséphine, Céline, Caroline,  tout en jouant à chat-perché, s’exclamèrent en chœur.

     « Flore viens avec nous, allons ! Faisons avec Patricia et Bernadette le tour de ce magnifique endroit. Allez viens ! » Lança Caroline.

     Sans qu’elles aient besoin de me le répéter deux fois, je me joignais allégrement à ce groupe des gais lurons.

     « Vite, visitons ensemble, j’ai hâte de me tremper la tête dans cette pataugeoire, même si l’eau est peu profonde, je me tremperai quand même ! 

     - Ouh – là, Florence, tu nous la joue courageuse, aujourd’hui ! Qu’est-ce que l’on va passer de bonnes vacances, ici ! L’air est frais. Vous avez vu le parc comme il est immense ? Et ce château, on dirait celui d’un grand seigneur du moyen-âge ! 

     - Mais pas du tout, Sylvie, on dirait plutôt celui de Montfan. Ah ! Au fait, il parait que plus loin,  à quelques kilomètres de nous se trouve également un vieux château. Il est tout en ruine. Parait- il qu’il est toujours habité. Il se nomme le château de Barbe-bleue, et vous savez, les filles, il semble même qu’il a enfermé plusieurs de ces femmes ici. 

     - N’importe quoi, ce que tu nous racontes là, Caroline !

     - Hum ! Moi je serai curieuse d’allez voir cela. Et si on...»

     « Mesdemoiselles, vous faites preuve d’obéissance, à ce que je voie, filez vite au réfectoire, avant que Sœur Brigitte, la directrice, vous punissent ! »

     Peu importait, nous verrions tout ceci plus tard. Pour l’instant, nous ne pensions qu’aux bonnes choses à déguster. Quel bonheur ! Pain chaud et confitures de fraises ou d’oranges ornaient les tables sur lesquelles nous attendaient de beaux bols blancs pleins de chocolat chaud. Les matinées s'écoulaient tranquillement, remplies par des activités diverses et variées. J’appréciais l’instant d’ouvrir le cahier de vacances, car il y avait toujours une histoire ou un conte qui me ravissait. Toutefois, j’éprouvais quelque chagrin lorsque mes amies écrivaient à leurs parents, car ma page, à moi, était toujours vide, n’ayant aucun parent ni adresse de destination. Pour cacher mon chagrin, je faisais semblant d’adresser un courrier avec une entête vide. L'après-midi, nous nous reposions dehors, allongés sur nos serviettes de bain, bien à l'abri de grands chênes. La sieste était aussi sacrée que la messe. Je murmurais à qui mieux mieux comme un petit poussin. Oh ! Je n’étais pas de celle à qui l’on donne une part au chat, tellement ma langue se déliait. Enfant très vive, je tournais la tête à plus d'une de mes cheftaines. Les arbres furent ma maison, je m’amusais à grimper au plus haut, sans me rendre réellement compte du danger encouru. Monter jusqu'à en atteindre la cime fut mon obsession! Je n'étais qu'une plume qui voyageait dans l’espace infini des cieux, mes yeux se confondaient d'admiration devant la forme des nuages, tant elle semblait laisser deviner des ombres qui parfois me paraissaient familières. Je m’amusais à découvrir,  dans leurs formes, hommes, femmes ou animaux. Tout cela avec une imagination débordante, j’inventais des histoires de princesses ou d’ogre. Les monitrices me cherchaient partout en criant mon prénom. Je ne bougeais pas d'une once afin de ne point me montrer. J’étais si bien, si loin, si haut ! Dès qu’elles m’attrapaient, j’étais sévèrement punie, reléguée à éplucher des tonnes de pommes de terre, ou bien les bras sur la tête durant de longues minutes, des heures même, sans parler ni boire ni  goûter, privée de baignade dans l'unique pataugeoire du pré. Malgré tout, je gardais le sourire aux lèvres, trouvant aucune importance à cela car j’avais passé un agréable moment dans ces hauteurs,  tel un oiseau prenant son envol dans ce beau ciel bleu d’été.  

     Qu’elles étaient délicieuses,  ces heures libres  durant lesquelles je construisais des cabanes avec des branches de bois recouvertes de feuilles ! Les pierres que je ramassais me servaient de fauteuil pour recevoir mes invitées coloniales. Jouer aux indiens ou à chat et à la souris semblait convenir à mes cordes sportives. Toutefois, le silence, la lecture et m'allonger dans l'herbe en respirant l’odeur des boutons-d’or ou des pâquerettes et en claironnant : je t'aime, un peu, beaucoup, passionnément,  jusqu’à épuisement des pétales, furent mes alliées intimes dans mes heures de solitude. Mon équipe était joie de l'innocence. Gare aux imprudences, car nous avions droit alors au nettoyage complet des sols ou des escaliers, à genoux avec une brosse métallique trempée dans un seau d'eau javellisée. C’était une vraie corvée, aucune d’entre nous n’aimait  l'accomplir. Laure, ma meilleure amie de ces instants, était brillante dans ses études, et parfaite dans les charades et les blagues. Elle possédait un savoir sur les animaux sauvages qui m’émerveillait. Elle me décrivait son chez elle avec tant d’amour que j’aurai bien voulu la suivre, moi, chez elle ! Elle côtoyait des zèbres, des girafes, des éléphants et des lions, me stipulant qu’ils étaient tous en semi-liberté. Ses parents s’occupaient de ce vaste domaine. Les visiteurs affluaient en été et c’était pour cela qu’elle, elle était ici. Comme elle aurait préférée participer à tous ces spectacles de nuit ! Comme elle aurait préférée regarder cette magie qui se filait au travers des étoiles ! Une nuit dans le dortoir, nous étions restées à discuter à voix basse pour ne pas déranger les copines. Elle me contait son bonheur, ses amis, son école et nous parlâmes de coquetterie, de vêtements et des garçons, mais ce dernier sujet, toujours en secret ! L'heure tardive,  nous indiquait qu'il était temps de se coucher. Ni l'une ni l’autre ne trouvait le sommeil.  Ce fut alors qu’elle me proposa de prendre une bouffée d'oxygène en se rapprochant de la fenêtre. « Regarde ! Je suis comme un hibou ou une chouette. Non je veux être une chauve-souris. » Une frayeur me gagna. Que s'était il passé? Où était-elle ? Comment regagner tranquillement mon lit ? Comment pouvais-je fermer les yeux et faire semblant de dormir ? J’avais sûrement dû rêver, car aucune autre jeune demoiselle ne s'était réveillée. Un mauvais rêve sans doute, oui c'était cela, j’en étais sûre, un mauvais rêve. J’entendais le bruit du silence, puis un crie, un son là tout près de moi, une résonnance en moi. Je criais de tout l’air de mes poumons, dans tous les dortoirs et les couloirs pour avertir de ce que j’avais vu. J’avais réveillée les grandes comme les petites. Je courais dans tous les sens. Je ne savais plus où. Je suffoquais. Le mal me gagnait. Je tremblais. J’étais affolée « Elle, elle est là ! En bas, gisante…Elle est montée sur le rebord de la fenêtre et elle a disparue ».

 

     Le lendemain matin, notre dortoir fut tout chamboulé, brusquement, les monitrices tirèrent nos draps. Il était très tôt, le soleil n'avait toujours pas montré ses beaux rayons. Les petites filles avaient  peine à se lever,  car le sommeil les tiraillait encore. Il fallut faire vite,  tout vite. Déjeuner vite. Descendre vite. L'agitation générale était à son comble, toutes étaient agitées après cette étrange action de la veille qui bousculait cette matinée estivale. Je compris, soudainement que je n’avais pas rêvé. Je savais maintenant que le songe était réalité. Ce fut le défilé des parents. Les unes après les autres, nos amies s'en allaient après avoir donné un dernier baiser. Nous, enfants de l'orphelinat, devions nous ranger deux par deux dans hangar à vélos, sans aucune possibilité de leur dire au revoir. Les larmes coulaient abonnement sur nos joues, comme si que l’on s’était donné le mot. Lorsqu'une des monitrices accompagnée de sœur Thérèse  s'approcha de moi : «  Nous savons que tu étais avec elle, une des filles du dortoir vous a vu. ». Un froid parcourut ma peau, le rouge d'un coquelicot teintait mes joues et mes jambes se mirent à trembler, à flageoler. Gentiment, en  me tendant de l'eau et un morceau de sucre, elles me firent asseoir sur un banc de couleur pin verni. « Tu ne dois rien dire, faire comme si tu n'avais rien vu. Ses parents nous avaient indiquée dans sa fiche de renseignement, qu'elle se levait la nuit, tournait en rond, puis retournait se coucher. En outre, elle parlait seule, comme si qu’elle voyait des anges. Elle était somnambule....» Un vent glacial prenait place, je ne pouvais croire en cette catastrophe. Comment avais-je pu lui parler, partager ses derniers moments? Tout cela était impossible et incroyable, un vrai cauchemar. Pourtant la vérité était bien là. J’essayai de me raisonner, mais en vain, je ne trouvai aucune solution à mon chagrin. Derrière le carreau, je vis apparaitre la famille de Laure, j’eu le désir de les embrasser, mais la grande porte resta fermée. Un flot de larmes envahissait mon visage, une rage contre la vie s’installa moi.   C’en fut fini à jamais des vacances dans cette colonie.

     Tout était rangé et plié. L'instant de l'appel arrivait afin de reprendre la route. Avec  tristesse nous montâmes dans le car qui nous reconduisait vers l'orphelinat. Ce fut sans doute l’année de ma jeunesse la plus terrifiante. La mort pour la première fois avait frappé à la porte. Mais, la vie continuait, et il fallait avancer.



 


Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Publié dans : Roman : l'Ecorchée vive

couverture-l-ecorchee-vive.jpg

 

2- L’orphelinat bien-aimé

 

 

 « Féliks! Féliks ! Reviens-moi ! »                                                                   

 

Un ruisseau coulait de mon cœur à la pensée d'être éloignée de mon frère Féliks, hébergé dans un centre pour garçons, à Yzeure dans l'Allier. Nous étions distants d'environ vingt kilomètres. Tout nous séparait maintenant. Des hommes  prirent d’assaut son bras sans que j’eusse le temps de l’embrasser. J’avais l’impression de perdre la tête, que tout ceci n’était qu’un mauvais rêve et qu’il me reviendrait bientôt. Le conducteur m’invita à regagner le minibus qui nous avait conduits jusqu’ici. Le trajet fut sans paroles. 

     Ce fut à l'orphelinat qu’elles m’emmenèrent avec ma grande sœur Zina, l’aînée des filles. Quand à ma petite sœur Eva, elle fût placée dans une famille d'accueil à la campagne, située à une trentaine de kilomètres de nous. La bâtisse était entourée de grands murs blancs, un portail gris en assurait l'entrée principale. Il y avait bien une deuxième entrée, plus petite, mais celle - ci était destinée aux camionnettes d’épiceries, de fuel et de matériels divers. De plus,  il y avait toujours le gardien, d’allure mince et au regard terrible, qui surveillait, posté au portillon verdâtre, rendant difficile une quelconque échappatoire de ce lieu béni.

 

     Dès l'accès dans cette maison à plusieurs étages, je fus fascinée par ses immenses façades blanchâtres. La cour carrée, un terrain  sobre avec deux rangées de châtaigniers semblait receler des mystères. Sur la gauche, une petite demeure attendait les plus grandes, sur la droite se trouvait une salle qui servait à tout et à rien : aux rassemblements, aux temps des lectures, à la préparation des chants pour la messe du dimanche, aux jeux et à l'heure des devoirs. L’'extraordinaire était là, devant mes yeux,  tel un précieux trésor qui bondissait dans mon cœur ; un plancher, surélevé d’une estrade avec de vrais rideaux couleur bordeaux, un théâtre, un vrai un théâtre ! A cette vue, la joie gagna tout mon être, et des frissons parcoururent mon corps. Ce n’était pas un endroit comme les autres, ici régnaient l’équilibre et la paix. L’éducation des sœurs de la visitation, rue de Villars à Moulins, congrégation fondée en 1616 par  Sainte Jeanne-Françoise de Chantal sous François de Sales, et repris à sa mort en 1622 par Saint Vincent de Paul, premier supérieur des Filles de la Charité dont dépendait l’orphelinat,  palliait ce manque affectif. Ces dames revêtaient de longue robe noire que recouvrait un grand tablier blanc. Elles étaient coiffées de cornettes faites avec du drap très solide et rigide, qui ornaient leur chef et étaient pliées d'une certaine façon dont elles seules connaissaient le secret. Elles offraient leur cœur, leur vie entière à Jésus. Elles se mariaient avec Dieu, disaient-elles. Haute comme trois pommes, je voulais les aider de mon mieux. L’idée me vint de prendre mon urine pour en laver les portes, elles aussi prenaient un liquide jaune pour faire le ménage. Je voulais être grande. La toilette m’était faite par une des monitrice « Monique ». Son visage souriait très souvent et j’aimais lorsqu’elle s’amusait à me faire faire des bulles. Lui montrait que j’étais en âge de me laver seule me tenait vraiment à cœur. Aussi je pris un tube dont la pâte me semblait parfaite à étaler sur mon corps, lorsque subitement, une poussée de petits boutons rouges firent leur apparition. Monique riait, Monique ne me gronda pas mais je sus que j’avais commis une erreur je portais sur moi comme une odeur de chlorophylle. Un jour, je découvris les douleurs de la menstruation. Je voulais m’en cacher, je voulais rester innocente, Alors, ce premier jour je me tus non pas de honte, mais parce que je refusais ce liquide chaud qui coulait entre jambes, je refusais de rentrer dans le monde de l’adulte où le rire n’est plus.

    

     Ces religieuses que j’aimais tant resteront à jamais graver dans ma mémoire.

 

     Cependant, j’avais un penchant pour sœur Marie-Louise qui faisait de son mieux pour soulager nos peines et nous récompensait lorsqu’ elle l'estimait juste. Ce fut la première des sœurs de cette confrérie à obtenir son permis de conduire, qu'elle eut du premier coup, d'ailleurs. Les enfants adoraient monter dans la voiture, une 2CV gris foncé. Leurs cheveux volaient au vent par les vitres ouvertes, et ils chantaient avec elle tout au long de la route. Il y avait aussi Sœur Suzanne, la dame au teint blanc comme la fleur des nénuphars, calme comme elle aimait à le dire. Elle aussi avait ma préférence, car c'était elle qui cuisinait nos repas frugaux. Parfois même, elle nous enseignait l’art de la table et nous donnait quelques cours de cuisine pour faire de nous de vraies jeunes filles, comme elle espérait. J’avais le temps de grandir et le geste de tirer les jupons ne m'avait toujours pas quitté. Ce n’est pas 

 

     Etant assez bonne élève à l'école "Notre-Dame", institut extérieur à ma vie de tous les jours, je demeurais, en extase, à chaque fois que je voyais  ma maîtresse, et son savoir dans le domaine de l’histoire et du français me fascinait à chaque leçon ! J’étais déjà une rêveuse de lointains chemins, il faut dire. En fin de mois,  j’étais fière, lors de la remise des récompenses, de porter sur mon tablier bleu marine obligatoire les barrettes que la directrice, sœur Lucile, nous distribuait : rouge pour l'excellence, verte pour la sociabilité, bleu pour les encouragements, chaque matière ayant sa couleur. Souvent, la verte était fixée à mon tablier. Oh, que j’en étais fière ! J’adorais me sentir entourée. Ainsi passèrent tranquillement ces premières années. 

 

     De bonnes notes en fin de semaine promettaient de l’argent de poche.  Mon groupe surnommé l’Oustalou, les huit et dix ans, attendait avec hâte de s’asseoir à la queue le leu  sur les banquettes en bois clair du couloir avant de pénétrer avec quelques inquiétudes dans le bureau de la directrice. A tour de rôle dans cette pièce, le verdict tombait. C’était  soit la récompense : quelques sous pour les bonbons du dimanche, ou soit la sévère punition, c’est à dire une règle en fer qui battait la musique sur le bout de nos doigts. 

     La sévérité avait sa place, la vigilance régnait, mais l’affection demeurait reine. Les cadeaux furent nombreux : école de danse, initiation au piano, théâtre, écoute de musique classique, voyages et droit à une école privée ! Les sentiments de bien être furent si grands que tout le groupe voulait épouser la même religion, celle de nos sœurs bien-aimées, celle de Dieu. L’orphelinat nous apporta la rigueur, le sens de l’honneur, celui du respect et du devoir. 

 

     Je vécus mes premières années comme une béatitude. Les dix commandements furent l’exemple de toute ma vie, mon édifice à tout jamais.


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Publié dans : REVUE DE PRESSE

hpqscan0003


Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Publié dans : LA MAGIE D'AURORE

Mais qui était "Coluche"? Pour les jeunes enfants, un inconnu, pour d'autres , ils diront : "les restaurants du coeur".

 

coluche_accueil.jpg     coluche-rire.jpg

 

Ce soir beaucoup d'Artistes donnent un spectacle que nous pourront tous apprécier sur nos écrans.

 

Ce soir beaucoup seront avec le coeur triste en pensant à cet admirable homme que fut Coluche

 

 

Michel Gérard Joseph Colucci né à Paris le 24 Octobre 1944- décédé le 19 Juin 1986 dans la commune d'Opio.

Humoriste et comédien français. un provocateur ou un agitateur d'idées par ses prises de position sociales. Il est le fondateur  de l'association des "resto du coeur", relais nourricier des plus pauvres quelques mois avant son accident mortel en moto sur la route principale pres d'Opio, ou plus exactement juste devant la grande jardinerie d'Opio, un tout petit village pres de la commune de Magagnosc.

 

 

Chaque année, je vous offre en  lecture, un texte que j'aime énormément, car chaque année à l'heure des préparatifs de Noël, nos frères et nos soeurs souffrent dans le froid, tendent les mains pour un peu de pain.

 

 

 

La mendiante

 

Les flocons voltigeant ca et là sur les bancs

Recouvrent le sol d’un beau manteau blanc

La joie des enfants par leur crie et leur chahut

Raisonne dans les ruelles des Canuts

 

Une femme à l’air  désemparé et tremblante

Court  se réfugier dans les bouches du métro

Ses vêtements d’un style ringard et à peine rétro

Ne sont plus que  des semblants d’ haillons

Ses souvenirs la tourmentent et la hantent

Tête baissée, les mains tendues elle attend

Un regard, une autre main, une compassion

Une étincelle d’amour comme d’antan

 

Le froid installé glace son corps soudainement

Oublier les souffrances et les combats rapidement

Lutter s’était sa devise,  toujours lutter pour survivre

Mais aujourd’hui elle m’a plus le désir de vivre

 

En haut c'est déjà les préparatifs de la fête.

La foule presse  son pas sans la voir

Afférée dans leurs propres soucis

Loin de broyer du noir

N’ont qu’une seule chose en tête

vite les cadeaux...Noël approche.

Sapin prêt quand retentira le dong de la cloche.

Les guirlandes illuminent  rues et ruelles

Les bougies scintillent sur le bord des balcons

Des " je t’aime " balancés à la pelle

Quémandant comme la plus haute des raisons

Une multitude de paquets papier doré, emmailloté

Se souciant peu  de cette femme  en difficulté.


Elle  est là à attendre quelques sous.

Sans rien dire la tristesse dans le fond de ses yeux

Elle sait que la vie ne l'a pas épargnée.

Malgré tous ses efforts et sans aucune vanité.

Elle finit par s’écrouler sous le poids des années.

A l’aurore de cet hiver elle rend son âme.

La mort l’a emportée dans sa faiblesse

  

Juste un écriteau : Ici git  «  Madame Détresse »

 

 Aurore (dédié aux Artistes des Enfoirés)

 

 

 

 

 


Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

TRANSLATION

drapeau-anglais.png   drapeau-allemand.png
 
 

Profil

  • AURORE
  • les manuscrits d'Aurore
  • musique cinéma voyages peinture culture
  • la beauté du monde tout comme les souffrances ont fait de moi un être sensible. Ma pensée, reliée à l'espace, traverse cet Infini dans lequel s'ouvre l'insaisissable, transmit sur le papier libre ... UNE VIE

Vos passages

   

 

Follow aurorerodier on Twitter

Rechercher

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés